Yasam Radio, les voix de la Turquie
« Bonjour Istanbul » dans toutes les langues, voilà comment Guler Yildiz salue chaque matin ses auditeurs, avant son émission.Trois heures de direct qui mettent à l’honneur toutes les langues de l’Anatolie, du kurde à l’assyrien.
L’histoire commence en 1995, quand Guler a l’idée de monter une radio qui préserverait le patrimoine linguistique turc. Elle frappe à toutes les portes pour proposer son projet, jusqu’au jour où elle rencontre son mécène, qui finance toujours la radio aujourd’hui. Les débuts sont chaotiques, entre galères financières et censure étatique. Cela fait seulement neuf mois que Radio Yasam ressemble au projet d’origine : 85% d’émissions en direct dans une cinquantaine de langues, pour des programmes uniquement culturels et philosophique. C’est le credo de Guler : « Pour concerner les gens, il faut s’élever au-dessus du débat politique ». Et ça marche, les volontaires se bousculent pour proposer leur projet d’émission, comme ces migrants de passage en Turquie qui auront bientôt leur plage horaire. Aujourd’hui nous croisons un avocat d’origine laze qui vient déclamer les poésies qui ont bercé son enfance :
Yasam Radio dispose désormais de – presque – toutes les autorisations nécessaires pour émettre et admet que les autorités ont fini par la laisser tranquille. Question pratique d’abord, la censure dispose uniquement de traducteurs en arabe et en kurde. Mais Guler a aussi remarqué que depuis presque trois ans un déclic s’est produit. « Ils ont compris qu’ils risquaient moins à nous laisser nous exprimer plutôt qu’à tenter de nous censurer ». Elle en est sûre, un vent de fraîcheur et de renouveau souffle sur la société turque, et Yasam Radio en est une expression.
Sans instrument de mesure d’audience, les émissions sont comme des bouteilles à la mer, qu’on lance en rêvant qu’elles atteignent des oreilles curieuses. Guler sait que tous les Kurdes stambouliotes l’écoutent, 40% des programmes sont dans cette langue, et espère secrètement sortir des frontières. Hier, elle a reçu son premier mail d’outre-Atlantique, il venait de Sao Paulo.










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