Le pari d’une économie verte
Özer Uçar fait partie des nouveaux entrepreneurs qui dynamisent l’économie turque. Basé à Istanbul, il commercialise des panneaux photovoltaïques. Il a créé sa propre entreprise, et fait le pari d’une économie verte florissante.
Installé dans un fauteuil en cuir noir, Özer Uçar, un quadragénaire au visage rond, fume une cigarette en travaillant derrière son ordinateur. Son bureau se situe en haut d’un escalier en fer, derrière une grande baie vitrée. Importés d’une usine chinoise, des panneaux solaires emballés dans des cartons sont entreposés par terre. Haut de plafond, peint en bleu, le hangar qui abrite le siège social de son entreprise est semblable à tous ceux du quartier Imes (Istanbul metal endustry site), la zone industrielle de la rive asiatique d’Istanbul.
Özer Uçar a fondé sa PME en 2005. A Istanbul, son entreprise compte 7 salariés. Il commercialise des panneaux photovoltaïques, des batteries pour les charger et des ampoules basse consommation aux particuliers, mais aussi à des entreprises privées et publiques. Le premier produit qu’il a créé, avec l’aide de designers, est un panneau photovoltaïque fixé sur un réverbère. Il engrange l’énergie solaire pendant la journée pour produire l’électricité nécessaire à l’éclairage la nuit.
Ingénieur électronique diplômé de l’université Gazi d’Ankara en 1991, Özer Uçar a travaillé pendant 18 ans pour une filiale de Thomson. «Ce travail m’a permis de développer des idées. Le déclic s’est produit lorsque j’ai visité une exposition sur les technologies vertes à Taïwan. J’ai réalisé qu’elles constitueraient un secteur très rentable à l’avenir », raconte-t-il. C’est d’ailleurs cette motivation économique, plus qu’écologique, qui l’a poussé à créer une entreprise dans les énergies vertes.
Avec son allure de commercial méditerranéen décomplexé, il est emblématique d’une nouvelle génération d’entrepreneurs turcs. « Le secteur des énergies vertes est devenu un vivier d’entreprises privées, qui se développent à une vitesse croissante », analyse Ahmet Insel, économiste à l’université Galatasaray.
Pourtant l’initiative d’Özer Uçar reste rare. La Turquie est toujours peu encline aux énergies vertes. « L’électricité est surtout produite par l’hydraulique et les énergies fossiles, tandis que l’énergie solaire est utilisée à titre individuel. Elle n’est pas assez développée pour couvrir les besoins de l’industrie », rappelle Ahmet Insel.
Özer Uçar l’a bien compris. Il ne se contente pas de vendre dans son pays d’origine. Il s’est implanté à Athènes, où 3 salariés travaillent pour lui. En plus de la Grèce, qui représente un marché de 500 000 €, il a exporté ses produits au Maroc, en Tunisie et en Egypte. Mais c’est surtout le projet d’installer ses panneaux photovoltaïques sur réverbères à Istanbul qui lui tient à cœur. Il assure que cela devrait être effectif d’ici deux ans. « Le gouvernement turc a signé les accords de Kyoto, il doit investir dans les énergies vertes », explique-t-il. Özer Uçar est prêt à accompagner ce changement. Et surtout, il a l’intention de réaliser son rêve : posséder une multinationale spécialisée dans l’énergie solaire.















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