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	<title>ESJ Latitudes - Istanbul &#187; Rencontres</title>
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	<description>Le site de l&#039;ESJ Lille à Istanbul</description>
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		<title>Suphi, Kurde et Stambouliote par défaut</title>
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		<pubDate>Tue, 18 May 2010 19:21:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Astier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
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		<category><![CDATA[Kurdes]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<category><![CDATA[Tarlabasi]]></category>

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		<description><![CDATA[Comme beaucoup de Kurdes, Suphi vit dans le quartier populaire de Tarlabasi, non loin de Beyoglu et du centre d&#8217;Istanbul. Dans le dédale de ruelles étroites, sa maison de deux étages au crépit jaune défraîchi ressemble aux ribambelles de façades colorés typiques du quartier.
&#171;&#160;Dans d&#8217;autres quartiers, ils nous ont dit &#171;&#160;va t&#8217;en, tu n&#8217;es pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Comme beaucoup de Kurdes, Suphi vit dans le quartier populaire de Tarlabasi, non loin de Beyoglu et du centre d&#8217;Istanbul. <span id="more-1898"></span>Dans le dédale de ruelles étroites, sa maison de deux étages au crépit jaune défraîchi ressemble aux ribambelles de façades colorés typiques du quartier.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Dans d&#8217;autres quartiers, ils nous ont dit </em>&laquo;&nbsp;va t&#8217;en, tu n&#8217;es pas d&#8217;ici&nbsp;&raquo;, raconte-t-il. Il a eu du mal à se loger. Aujourd&#8217;hui il occupe avec sa femme et ses trois enfants le premier étage de l&#8217;étroite bâtisse. Au-dessus, ses parents. Au dessous, son frère. <em>«On l&#8217;a achetée ensembles car on avait du mal à trouver un logement»,</em> explique-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">On entre chez lui par une petite porte qui s&#8217;ouvre sur le sous-sol. Puis il faut monter des escaliers étroits, humides. Au premier étage, il n&#8217;y a presque pas de palier, une porte en fer s&#8217;ouvre sur un couloir : la cuisine. Elle donne sur les deux seules pièces de l&#8217;appartement. La chambre d&#8217;un côté, le salon de l&#8217;autre. C&#8217;est dans cette pièce que la famille passe la majorité de son temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Des tapis recouvrent le sol. Quelques coussins sont disposés pour s&#8217;asseoir. Un mur est moins dépouillé que les autres : celui où se trouve la télé écran plat. Au dessus, des photos de famille et un calendrier du BDP, le parti pro-kurde. Ils ont vingt députés au Parlement à Ankara.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdclwd_a-istanbul-une-famille-kurde-du-qua_news" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xdclwd_a-istanbul-une-famille-kurde-du-qua_news" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">La télévision est branchée sur une chaîne kurde, reçue par satellite. Les images de combats entre l&#8217;armée turque et la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) défilent. Les affrontements ont lieu dans le sud-est de la Turquie, la région à majorité kurde du pays, celle dont Suphi est originaire. Il a dû quitter son village en 1995. <em> «Les soldats sont venus et nous ont dit qu&#8217;on avait trois jours pour partir.»</em></p>
<p style="text-align: justify;">Une des conséquences de la guerre qui oppose depuis 1984 le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à l&#8217;État turc. Dans les années 1990, pour supprimer les appuis logistiques des rebelles, l&#8217;armée a entrepris de vider les villages de la région.</p>
<p style="text-align: justify;">Suphi est d&#8217;abord allé à Adana, une ville encore proche du Kurdistan turc. En 2000, il est venu à Istanbul, comme beaucoup de ces exilés de force. <em>«Ici on trouve plus facilement du travail qu&#8217;ailleurs» </em>explique-t-il. Installé malgré lui dans cette ville, il ne rêve que de retour au pays. <em>«Mais là-bas, c&#8217;est dangereux à cause des combats. Et de toutes façons nous n&#8217;avons plus de terres : on nous les a prises, ou on ne peut pas les cultiver  à cause des bombes.»</em></p>
<p style="text-align: justify;">Alors il reste, résigné. <em>«Ici, c&#8217;est aussi mieux pour l&#8217;éducation des enfants»,</em> admet-il. Sa femme ne travaille pas. Lui est vendeur ambulant de moules et travaille 14 heures par jour. Il ne gagne pas assez pour «<em>bien vivre, mais assez pour survivre»</em>. Dans le salon, ses jumeaux de deux ans courent et jouent autour de leur mère. L&#8217;aîné rentre de l&#8217;école. Des enfants nés après l&#8217;exil. <em>«J&#8217;aimerais qu&#8217;ils aillent un jour au pays»</em>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Murat le photographe, tombé du ciel</title>
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		<pubDate>Sun, 16 May 2010 10:01:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Astier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[une]]></category>
		<category><![CDATA[Murat Yazar]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il a été guide et traducteur pour nous, a partagé sa connaissance d&#8217;Istanbul. Il nous a ouvert des portes que nous n&#8217;aurions jamais poussées sans  lui. Murat Yazar est photographe. 
Il promène son regard tranquille dans les rues de la ville. Sa grande et mince silhouette se courbe, alourdie par le sac-à-dos qui contient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Il a été guide et traducteur pour nous, a partagé sa connaissance d&#8217;Istanbul. </strong><strong>Il nous a ouvert des portes que nous n&#8217;aurions jamais poussées sans  lui.</strong><strong><span id="more-1848"></span></strong><strong> </strong>Murat Yazar est photographe.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il promène son regard tranquille dans les rues de la ville. Sa grande et mince silhouette se courbe, alourdie par le sac-à-dos qui contient son vieux Nikon argentique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses cheveux noirs, longs jusqu&#8217;aux épaules, flottent au rythme de ses pas. Il avance avec constance et douceur. Il photographie de la même manière.</p>
<p style="text-align: justify;">Murat Yazar vit à Istanbul depuis quatre ans. Kurde, il est né à Urfa, dans le sud-est de la Turquie. Ses photos parlent de sa ville d&#8217;adoption bien sûr, mais aussi de ses origines kurdes et des multiples couleurs d&#8217;Anatolie.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici quelques photos qu&#8217;il a sélectionnées. Pour en voir encore d&#8217;autres : <a href="http://www.muratyazar.org" target="_blank">www.muratyazar.org</a></p>
<div id="attachment_1849" class="wp-caption aligncenter" style="width: 446px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat1.jpg"><img class="size-full wp-image-1849" title="murat1" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat1.jpg" alt="" width="436" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Urfa - Le lieu de naissance d&#39;Abraham</p></div>
<div id="attachment_1850" class="wp-caption aligncenter" style="width: 438px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat2.jpg"><img class="size-full wp-image-1850" title="murat2" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat2.jpg" alt="" width="428" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Urfa - Une vieille rue de la ville</p></div>
<div id="attachment_1851" class="wp-caption aligncenter" style="width: 380px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat3.jpg"><img class="size-full wp-image-1851" title="murat3" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat3.jpg" alt="" width="370" height="555" /></a><p class="wp-caption-text">Urfa - Femme kurde</p></div>
<div id="attachment_1852" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat4.jpg"><img class="size-full wp-image-1852" title="murat4" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat4.jpg" alt="" width="600" height="399" /></a><p class="wp-caption-text">Urfa - Deux jeunes ramassent des déchets dans une décharge</p></div>
<div id="attachment_1853" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat5.jpg"><img class="size-full wp-image-1853" title="murat5" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat5.jpg" alt="" width="600" height="399" /></a><p class="wp-caption-text">Urfa - Une enfant kurde, Leyla</p></div>
<div id="attachment_1854" class="wp-caption aligncenter" style="width: 409px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat6.jpg"><img class="size-full wp-image-1854" title="murat6" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat6.jpg" alt="" width="399" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Urfa - Une enfant kurde, Leyla</p></div>
<div id="attachment_1855" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat7.jpg"><img class="size-full wp-image-1855" title="murat7" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat7.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Nevşehir - Une enfant gitane</p></div>
<div id="attachment_1856" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat8.jpg"><img class="size-full wp-image-1856" title="murat8" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat8.jpg" alt="" width="600" height="396" /></a><p class="wp-caption-text">Nevşehir - Une enfant gitane</p></div>
<div id="attachment_1858" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat10.jpg"><img class="size-full wp-image-1858" title="murat10" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat10.jpg" alt="Edirne - Deux jeunes filles font des voeux près de la rivière à l'occasion d'Hidirellez (fête gitane qui célèbre le printemps)" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Edirne - Deux jeunes filles font des voeux près de la rivière à l&#39;occasion d&#39;Hidirellez (fête gitane qui célèbre le printemps)</p></div>
<div id="attachment_1859" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat11.jpg"><img class="size-full wp-image-1859" title="murat11" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat11.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Edirne - Enfants gitans et leurs grand-mères</p></div>
<div id="attachment_1860" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat12.jpg"><img class="size-full wp-image-1860" title="murat12" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat12.jpg" alt="" width="400" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Istanbul - Garçon qui plonge</p></div>
<div id="attachment_1861" class="wp-caption aligncenter" style="width: 415px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat13.jpg"><img class="size-full wp-image-1861" title="murat13" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat13.jpg" alt="" width="405" height="600" /></a><p class="wp-caption-text">Istanbul - La tour de Galata vue d&#39;un bateau</p></div>
<div id="attachment_1862" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat14.jpg"><img class="size-full wp-image-1862" title="murat14" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/murat14.jpg" alt="" width="600" height="395" /></a><p class="wp-caption-text">Istanbul - Des Africains dans le quartier de Tarlabaşı</p></div>
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		<title>&#171;&#160;Bienvenue, qu&#8217;est-ce que je peux faire pour vous ?&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.esjistanbul.com/2010/05/14/bienvenue-quest-ce-que-je-peux-faire-pour-vous/</link>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 13:35:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sarah Lefèvre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[une]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;artiste Ilhami Atalay nous reçoit, enfoncé dans son fauteuil, dans sa Sanat Galerisi, à deux pas de Sainte Sophie et de sa horde de touristes. La théière fume sur le poële, l&#8217;artiste est toujours prêt à recevoir amis ou touristes égarés. Polyglotte, peintre prolifique et loufoque. A 62 ans plus rien ne l&#8217;étonne.
&#171;&#160;Je suis né peintre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1573" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/crazyartist4.jpg"><img class="size-large wp-image-1573 " title="crazyartist4" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/crazyartist4-682x1024.jpg" alt="" width="600" height="900" /></a><p class="wp-caption-text">Ilhami Atalay devant son cerveau : &quot;le message est profond et philosophique&quot;</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;artiste <a href="http://ilhamiatalay.moonfruit.com/">Ilhami Atalay</a> nous reçoit, enfoncé dans son fauteuil, dans sa <em>Sanat Galerisi<span id="more-1569"></span></em>, à deux pas de Sainte Sophie et de sa horde de touristes. La théière fume sur le poële, l&#8217;artiste est toujours prêt à recevoir amis ou touristes égarés. Polyglotte, peintre prolifique et loufoque. A 62 ans plus rien ne l&#8217;étonne.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Je suis né peintre !&nbsp;&raquo;</em> Barbe généreuse, regard mutin, l&#8217;artiste a la main habile et de longues années de pratique derrière lui. D&#8217;Istanbul à Berlin il a peaufiné son art. Les toiles s&#8217;entassent dans sa galerie. Mais ne se ressemblent pas. Les figures géométriques (<em>&laquo;&nbsp;ce sont des yeux de poisson&nbsp;&raquo;</em>) côtoient les sultans de la grandeur ottomane et les portraits de femmes de sa jeunesse. Fusain, encre, huile, acrylique, crayon&#8230; mais une technique de prédilection : les collages de tissu, de cuir, d&#8217;articles de journaux&#8230; Des oeuvres qui séduisent en Turquie mais surtout ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec fierté, il feuillette son book. Un brin malicieux, il s&#8217;arrête sur des chevaux au galop : <em>&laquo;&nbsp;Cette toile, c&#8217;est le Premier ministre turc qui me l&#8217;a achetée.&nbsp;&raquo;</em> Sous chaque reproduction, il prend soin de noter le nom, la nationalité et les coordonnées complètes de chacun de ses acheteurs. Ici un collectionneur australien, là un industriel français. <em>&laquo;&nbsp;Si tu achètes, toi aussi tu auras ton nom en bas de la page.&nbsp;&raquo; </em>Entre 300 et 1 000 euros la toile, les chefs d&#8217;entreprises font la part belle aux étudiants fauchés.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>&laquo;&nbsp;Ma fille ne me trouve pas assez fou&nbsp;&raquo;</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;artiste s&#8217;exporte certes, mais Istanbul reste son son lieu de prédilection. <em>&laquo;&nbsp;Istanbul est génial pour l&#8217;inspiration, on ne s&#8217;en lasse jamais.&nbsp;&raquo;</em> Il y est ancré depuis 1984, date à laquelle il s&#8217;est installé dans sa vaste galerie. D&#8217;ailleurs sa fille a ouvert la sienne à deux rues. <em>&laquo;&nbsp;Elle trouve que mon art est trop gentil. Elle n&#8217;écoute pas mes critiques, et n&#8217;aime pas mes peintures. Elle voudrait que je sois plus fou !&nbsp;&raquo;</em> Sa fille, ses deux fils, sa femme, ses neveux&#8230; <em>&laquo;&nbsp;Nous sommes des peintres génétiques&nbsp;&raquo;, </em>s&#8217;exclame-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est à ses élèves qu&#8217;il prodigue ses conseils. Ils n&#8217;ont qu&#8217;à bien se tenir. <em>&laquo;&nbsp;Il se met parfois en colère&nbsp;&raquo;</em> avoue l&#8217;un d&#8217;eux juste avant que le maître débarque dans la salle et barbouille frénétiquement la toile quasi blanche de son élève docile.</p>
<p style="text-align: justify;">Bienvenue dans l&#8217;univers d&#8217;Atalay :</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="360" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xd7iws" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="360" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xd7iws" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><em>Avec Elsa Bastien.</em></p>
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		<title>Une journée culinaire avec Sevim Gökyildiz</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 13:34:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Giffard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[une]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Gastronomie]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons suivi Sevim Gökyildiz, critique culinaire stambouliote, pendant 24 heures. Régalez-vous!

]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nous avons suivi Sevim Gökyildiz, critique culinaire stambouliote, pendant 24 heures. Régalez-vous!<span id="more-1785"></span></p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xda4th_une-journee-avec-sevim-gokyildiz_news" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xda4th_une-journee-avec-sevim-gokyildiz_news" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>Damla, 28 ans, dit non à l&#8217;UE</title>
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		<pubDate>Wed, 05 May 2010 07:27:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-Hélène Soenen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>

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		<description><![CDATA[Les débats sur l&#8217;entrée de la Turquie en Union européenne oublient bien souvent l&#8217;avis de la population turque. Damla a 28 ans et nourrit un amour sans limite pour sa ville natale, Istanbul. La jeune femme connaît l&#8217;Europe de l&#8217;ouest, notamment parce qu&#8217;elle a vécu en France dans le cadre de ses études. Pour elle, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Les débats sur l&#8217;entrée de la Turquie en Union européenne oublient bien souvent l&#8217;avis de la population turque.<span id="more-977"></span> Damla a 28 ans et nourrit un amour sans limite pour sa ville natale, Istanbul. La jeune femme connaît l&#8217;Europe de l&#8217;ouest, notamment parce qu&#8217;elle a vécu en France dans le cadre de ses études. Pour elle, l&#8217;entrée de la Turquie dans l&#8217;UE serait une erreur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN7028.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-986" title="DSCN7028" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN7028-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><em>&laquo;&nbsp;Je ne crois pas en l&#8217;Europe&nbsp;&raquo;</em>, lâche Damla. Ce petit bout de femme à l&#8217;énergie débordante n&#8217;hésite pas une seconde. <em>« Culturellement, </em>explique-t-elle, <em>je ne considère pas du tout la Turquie comme européenne »</em>. Ce qui ne fait pas du tout rêver Damla, c&#8217;est l&#8217;individualisme qui règne selon elle en Europe occidentale. Alors qu&#8217;en Turquie, la solidarité fait partie de la vie quotidienne. <em>&laquo;&nbsp;Par exemple, en turc, il y a cette petite phrase,</em> &laquo;&nbsp;Kolay Gelsin&nbsp;&raquo; <em>(&laquo;&nbsp;que ton travail ne soit pas trop pénible&nbsp;&raquo;)</em>, <em>que l&#8217;on dit aux travailleurs de rue&nbsp;&raquo;</em>, illustre Damla. Un petit exemple qui pour la jeune femme signifie beaucoup. <em>&laquo;&nbsp;Le Turc de la rue dira qu&#8217;il est pour l&#8217;entrée du pays dans l&#8217;UE, parce qu&#8217;on lui a dit que c&#8217;est une bonne chose. Moi, la seule chose positive que j&#8217;y vois, ce serait de pouvoir voyager plus facilement&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Damla appartient à une famille qui ne reflète pas la famille turque traditionnelle. Chez elle, on a toujours entretenu beaucoup de relations avec l&#8217;étranger. Son père a vécu au Pays de Galles, sa grand-mère parle couramment anglais à 83 ans. Damla compte un grand nombre d&#8217;étrangers parmi ses amis. Dès ses 11 ans, elle a appris le français, a passé 6 mois à Lyon dans un échange Erasmus, puis une année en socio-lingusitique à Paris. Parfaitement francophone, Damla travaille depuis 6 ans comme fixeur auprès de journalistes, notamment français. La jeune femme connaît bien l&#8217;Occident.</p>
<p style="text-align: justify;">Damla reproche également aux Européens leur attitude envers les Turcs. <em>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai du mal à comprendre pourquoi on fait tellement peur aux Européens. Ils ont plein de préjugés sur nous&nbsp;&raquo;</em>, se désole-t-elle. Pour Damla, les Européens jugent les Turcs immigrés dans leurs pays comme représentatifs de la Turquie. <em>&laquo;&nbsp;Mais ces immigrés ne sont pas du tout à l&#8217;image du Turc moyen, même pas du paysan turc&nbsp;&raquo;</em>, ajoute-t-elle. <em>&laquo;&nbsp;Ils ne sont ni vraiment Turcs, ni Européens. Ils viennent souvent des milieux ruraux, très pauvres, et débarquent directement dans de grandes villes comme Paris. Ils ne savent pas s&#8217;adapter&nbsp;&raquo;</em>, explique Damla. <em>&laquo;&nbsp;En quittant la Turquie, leur identité est restée figée&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Son identité, Damla la définit de manière surprenante. <em>&laquo;&nbsp;Je me sens tellement stambouliote que je ne peux pas me sentir turque&nbsp;&raquo;</em>, tranche-t-elle. <em>&laquo;&nbsp;Istanbul est ma ville natale et fatale&nbsp;&raquo;</em>, plaisante-t-elle dans un français parfait.</p>
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		<title>Nilgün, Rom et fleuriste de rue</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 15:11:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-Hélène Soenen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Fenerbahçe]]></category>
		<category><![CDATA[minorités]]></category>
		<category><![CDATA[Roms]]></category>

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		<description><![CDATA[Nilgün a 42 ans, dont 35 passés dans la rue. Chaque matin, elle installe son stand de fleurs sur le trottoir.Devant une épicerie de Fenerbahçe, dans une rue résidentielle. &#171;&#160;Quand j&#8217;étais petite, j&#8217;étais déjà là avec ma mère !&#160;&#187;, s&#8217;exclame-t-elle. Aujourd&#8217;hui, son fils Volkan, 13 ans, la rejoint tous les jours après l&#8217;école, à 14h30, pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nilgün a 42 ans, dont 35 passés dans la rue. Chaque matin, elle installe son stand de fleurs sur le trottoir.<span id="more-936"></span>Devant une épicerie de Fenerbahçe, dans une rue résidentielle. <em>&laquo;&nbsp;Quand j&#8217;étais petite, j&#8217;étais déjà là avec ma mère !&nbsp;&raquo;</em>, s&#8217;exclame-t-elle. Aujourd&#8217;hui, son fils Volkan, 13 ans, la rejoint tous les jours après l&#8217;école, à 14h30, pour lui tenir compagnie. Nilgün appartient à la minorité Rom, qui travaille dans la rue et les cafés, en tant que musiciens, fleuristes ou liseurs d&#8217;avenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN7013.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-938" title="DSCN7013" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN7013-e1272985223562.jpg" alt="" width="400" height="533" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, le soleil brille. Mais sept jours sur sept, Nilgün est assise dans la rue et souffre du froid et de l&#8217;humidité. Elle tord le bas de sa jupe pour en extraire l&#8217;eau. <em>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai toujours mal quelque part, je suis toujours mouillée à cause des fleurs, je suis assise dans l&#8217;eau&nbsp;&raquo;</em>, explique Nilgün. &laquo;&nbsp;<em>Hier soir, je n&#8217;avais plus la force de soulever les fleurs pour les ranger, c&#8217;est mon mari qui a dû le faire&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour son fils Volkan, elle espère un avenir meilleur. <em>&laquo;&nbsp;Ce que je fais est sale et fatigant. J&#8217;aimerais que Volkan devienne médecin, voyage, voit autre chose. Pour l&#8217;instant, il travaille très bien à l&#8217;école&nbsp;&raquo;,</em> s&#8217;enthousiasme Nilgün. Volkan est scolarisé, mais la vie de vendeur de rue complique son quotidien. Il est souvent aux côtés de sa mère, et ne rentre le soir que vers 21h, à Ümraniye, à 35 km de là. Les devoirs, il les fait tard à son retour, et s&#8217;endort parfois sur ses cahiers.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN7018.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-967" title="DSCN7018" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN7018-e1272985375423.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le mari de Nilgün, lui, se charge d&#8217;aller chercher les fleurs très tôt le matin au marché, à vingt kilomètres de chez eux. Les fleurs achetées peuvent tenir une semaine sur le stand, et les clients sont nombreux. <em>&laquo;&nbsp;Toute la journée, je regarde les gens passer, je connais presque tout le monde ici. Je parle énormément avec les gens du quartier&nbsp;&raquo;</em>, sourit Nilgün. <em>&laquo;&nbsp;Bien sûr, parfois, j&#8217;ai un peu peur le soir quand des gens étranges passent, mais il ne m&#8217;est jamais rien arrivé&nbsp;&raquo;</em>. Chaque jour, les revenus de la famille varient. Parfois Nilgün gagne 20 euros, parfois jusqu&#8217;à 150. La fête des mères est un bon jour, car les habitants de la rue viennent de préférence acheter sur son stand.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Je fais ce métier parce qu&#8217;il existe dans ma famille depuis toujours&nbsp;&raquo;</em>, explique Nilgün. &laquo;&nbsp;<em>Je pourrais aussi être femme de ménage, mais souvent, mon dos reste bloqué, j&#8217;ai trop de douleurs</em>. <em>Ce que j&#8217;aime, c&#8217;est le contact avec les autres. Et puis les fleurs égayent, elles changent au fil des saisons&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN7019.jpg"></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN70211.jpg"><img class="size-large wp-image-969 aligncenter" title="DSCN7021" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/DSCN70211-1024x768.jpg" alt="" width="600" /></a></p>
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		<title>A Fener et Balat, Dilek a rêvé d&#8217;instaurer le tri sélectif</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 10:31:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Astier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Balat]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Fener]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[Sac à dos, pantalon de baroudeuse, petits yeux malicieux et le sourire facile, elle n&#8217;a pas de mal à fasciner le public avec son histoire. Dilek Ayman Rodrigue a tenté d&#8217;instaurer le tri sélectif dans les quartiers pauvres de Fener et Balat.

Les maisons colorées s&#8217;enchaînent dans les petites rues étroites. Les guirlandes de linge pendent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Sac à dos, pantalon de baroudeuse, petits yeux malicieux et le sourire facile, elle n&#8217;a pas de mal à fasciner le public avec son histoire. <span id="more-726"></span>Dilek Ayman Rodrigue a tenté d&#8217;instaurer le tri sélectif dans les quartiers pauvres de Fener et Balat.<!--more--></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/portrait-dilek.jpg"><img class="size-full wp-image-842 aligncenter" title="portrait-dilek" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/portrait-dilek.jpg" alt="" width="562" height="376" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les maisons colorées s&#8217;enchaînent dans les petites rues étroites. Les guirlandes de linge pendent aux balcons. Les façades pimpantes cohabitent avec des ruines et les maisons défraîchies. Parfois, une vitre est bouchée par un morceau de plastique.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/fener-linge.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-851" title="fener-linge" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/fener-linge.jpg" alt="" width="400" height="600" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence avec le projet de réhabilitation de Fener et Balat lancé par l&#8217;Union Européenne en 2003, en association avec la mairie de Fatih, l&#8217;arrondissement dont dépendent les deux quartiers. Un programme en quatre volets : restauration des maisons, implantation d&#8217;un centre social, rénovation du marché de Balat, et, parent pauvre du plan, la mise en place d&#8217;un tri sélectif des déchets.</p>
<p style="text-align: justify;">En août 2004, Dilek est chargée de cette dernière partie. Elle a huit mois et un budget de 5 000 euros pour les équipements. <em>&laquo;&nbsp;Je ne voulais pas demander plus car sinon cela diminuait le budget pour la restauration des maisons, la priorité&nbsp;&raquo;</em>, explique-t-elle avec modestie.<em> &laquo;&nbsp;J&#8217;étais responsable de la plus petite partie du projet.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">A elle seule, elle doit convaincre les habitants de se mettre au tri sélectif. Première étape de son programme, évaluer la situation : qu&#8217;y a-t-il dans les poubelles des habitants ? Elle toque à presque toutes les portes des 4 000 habitants du quartier, va voir chaque commerçant. <em>&laquo;&nbsp;Ils n&#8217;avaient presque pas de déchets, ils récupéraient même les sacs plastiques&#8230; Mais bon, il y en avait quand même un peu : des bouteilles d&#8217;eau, certains emballages.&nbsp;&raquo;</em> Elle demande aussi aux habitants quelle solution leur conviendrait le plus, entre aller porter leurs déchets aux containers, ou avoir une poubelle pour les produits recyclables chez soi, qu&#8217;ils sortiraient une fois par semaine. Plus de 80 % se prononcent pour la seconde solution.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/fener-enfants.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-849" title="fener-enfants" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/fener-enfants.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Elle décide donc de distribuer des seaux en plastique à chaque foyer, où ils pourraient stocker les déchets recyclables en attendant le jour du ramassage. <em>&laquo;&nbsp;De toutes façons avec mon budget, je n&#8217;aurais pas pu payer des containers.&nbsp;&raquo; </em>Elle sort sa calculette, appelle les entreprises. Elle en trouve enfin une qui lui fournit 2 500 seaux pour 5 000 euros exactement. Un à un, Dilek étiquette tous les seaux avec le symbole du programme.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste maintenant à les distribuer. Pas si simple : cela va avec une campagne de sensibilisation de la population. Expliquer l&#8217;intérêt du recyclage, comment utiliser les seaux. <em>&laquo;&nbsp;Certaines femmes voulaient les utiliser pour y mettre leurs haricots !&nbsp;&raquo;</em> Avec ses brochures, elle va dans les écoles, va voir les femmes. <em>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai repéré celles qui avaient le plus d&#8217;influence. Elles invitaient leurs amies pour le thé, et je leur expliquais pourquoi il faut recycler. C&#8217;était très convivial. On parlait aussi des maris, des enfants&#8230;&nbsp;&raquo;</em> Enfin, vient le moment de distribuer les seaux : elle recommence le porte-à-porte, aidée des employés de la mairie. Chaque famille reçoit une brochure et doit signer un attestation confirmant qu&#8217;elle a reçu son seau, <em>&laquo;&nbsp;pour les responsabiliser&nbsp;&raquo;</em>. Elle développe ses arguments :<em> &laquo;&nbsp;Je leur parlais de choses concrètes, leur montrais qu&#8217;avec du carton on peut faire les cahiers sur lesquels étudient leurs enfants. Ce qui marchait bien, c&#8217;était aussi que cela aidait à sauver la nature. L&#8217;arbre sur la brochure tombait bien!&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/38_wast4_big.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-854" title="38_wast4_big" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/38_wast4_big.jpg" alt="" width="335" height="700" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le maire est aussi sollicité, il incite les habitants à participer au projet et aide à les convaincre. Le ramassage des déchets a lieu chaque mercredi. Avant, une annonce au microphone est faite dans le quartier : <em>&laquo;&nbsp;Sortez vos seaux, le camion va passer !&nbsp;&raquo;</em> Les chefs de quartier, les <em>muhtar,</em> sont chargés de donner l&#8217;exemple. <em>&laquo;&nbsp;Pendant quelques mois, ça a marché.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">En avril 2005, le délai est passé pour Dilek : son projet se termine. Elle part pour une autre initiative, loin, et ne revient plus à Fener et Balat. Petit à petit, les seaux disparaissent des paliers de porte pour trouver d&#8217;autres fonctions. Au bout d&#8217;un an, le tri sélectif des déchets est abandonné. Depuis, Dilek n&#8217;est pas revenue. Elle ne sait pas très bien pourquoi le projet a été abandonné. <em>&laquo;&nbsp;J&#8217;étais loin&nbsp;&raquo;</em>, s&#8217;excuse-t-elle. Mais depuis peu, elle est revenue. Et elle ira voir les habitants, pour tenter de savoir ce qui n&#8217;a pas marché.</p>
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		<title>Ihsan Akyuret, à la recherche d’une identité perdue</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 09:45:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Israël Yoroba</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[Kurdes]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Kurde, Ali a connu une vie de déracinement et d&#8217;exil, qui l&#8217;a finalement ramené à Istanbul, bien malgré lui.
Une bouffée de fumée  de cigarette rejetée en l’air. Une main sur la hanche. Le regard qui balaie l&#8217;environnement. Ihsan Akyuret, alias Ali, est arrêté devant la pâtisserie où il travaille. &#171;&#160;Je suis venu prendre un peu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Kurde, Ali a connu une vie de déracinement et d&#8217;exil, qui l&#8217;a finalement ramené à Istanbul, bien malgré lui.</strong><span id="more-784"></span></p>
<div id="attachment_785" class="wp-caption alignleft" style="width: 272px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/IMG_5304-Copie.jpg"><img class="size-medium wp-image-785" title="IMG_5304 - Copie" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/IMG_5304-Copie-262x300.jpg" alt="" width="262" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Ihsan Akyuret</p></div>
<p style="text-align: justify;">Une bouffée de fumée  de cigarette rejetée en l’air. Une main sur la hanche. Le regard qui balaie l&#8217;environnement. Ihsan Akyuret, alias Ali, est arrêté devant la pâtisserie où il travaille. <em>&laquo;&nbsp;Je suis venu prendre un peu d’air&nbsp;&raquo;</em>. Il travaille beaucoup. Un peu trop même, pense t-il. Mais il n’a pas d&#8217;autre choix s&#8217;il veut nourrir sa femme et ses quatre enfants. Il doit travailler encore plus dur s’il veut espérer retourner en France et, pourquoi pas, revoir sa fille qui vit désormais au Portugal.</p>
<p style="text-align: justify;">Les souvenirs agitent ce Kurde de 47 ans. La prison et la torture en Hollande, ses trois mariages, sa boutique à Paris. Ali ne retient qu’une chose : l’espoir de continuer à vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence après le coup d&#8217;Etat de 1980. Pour des raisons politiques, la nationalité turque est retirée à Ali. Etranger chez lui par la force des choses, il est arrêté par la police, puis par l’armée. Mais il parvient à s’enfuir vers la France. Il s’installe dans un petit village en Corrèze.  Là, il y crée une pâtisserie. La chose qu’il sait faire le mieux. Tout semble aller comme sur des roulettes. <em>&laquo;&nbsp;Je me suis même marié et j’ai eu une petite fille. J’avais une vie heureuse&nbsp;&raquo;</em>, se souvient-il. Mais les choses ne vont pas durer. En 1985, le mariage se brise. Ali n’a plus le droit de voir sa fille.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois le divorce prononcé, il va à Paris, dans le 10<sup>e</sup>, où il ouvre une autre pâtisserie et rachète une fabrique Peugeot. L’aventure le conduit en Hollande, où il contracte un mariage avec une psychologue portugaise. Une union qui va durer 12 ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Là où on imagine même pas&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;Quand on est jeune, on fait beaucoup de bêtises. Et ça nous conduit parfois loin. Là où on imagine même pas.&nbsp;&raquo;</em> Pour une histoire sur laquelle il refuse de revenir, Ali est emprisonné pendant 2 ans et demi dans une prison hollandaise.</p>
<p style="text-align: justify;">La torture et la solitude meublent son quotidien. <em>&laquo;&nbsp;Une fois, huit gardiens m’ont torturé au point où je suis tombé évanoui. Je souffrais tellement que j’ai demandé l’assistance d’un médecin extérieur à la prison.&nbsp;&raquo;</em> Le diagnostic est formel. Ali est effectivement victime de torture. Le médecin décide d’emmener le dossier auprès d’Amnesty International et d’alerter le consulat de Turquie à Rotterdam. <em>&laquo;&nbsp;Il n’ont jamais voulu que le premier conseiller de l’ambassade me voie.&nbsp;&raquo;</em> Même sa femme n’a pas le droit de le voir. Du côté d’Amnesty International, le dossier n’avance pas. Ali déprime. Mais jour après jour, il écrit tout ce qu’il subit, afin de garder une preuve de ses sévices.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vers une vie nouvelle</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au terme de deux ans et demi, et d’un procès de deux jours, Ali est libéré.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1999, sans passeport et sans nationalité, il se fait rapatrier en Turquie par la police hollandaise. 19 ans passés hors de chez lui, il n’a qu’un seul objectif désormais : se reconstruire une nouvelle vie. Une nouvelle identité. Il se remarie avec une Kurde avec laquelle il a quatre enfants. Aujourd’hui, Ali a un emploi stable. Il est chef cuisinier dans une pâtisserie. Mais son passé le hante. L’envie qu&#8217;on lui rende justice sur l’épisode de sa torture, revoir sa fille et par-dessus tout : <em>&laquo;&nbsp;Avoir droit à un visa et gagner suffisamment d’argent pour aller s’installer en Europe. Je n’ai pas d’avenir ici en Turquie.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>(avec Martine Mengué)</em></p>
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		<title>Ara Güler, œil désabusé d’Istanbul</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 09:33:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Violaine Jaussent</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[ara güler]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[Incontournable en Turquie, Ara Güler a aussi sa place dans l’histoire mondiale de la photographie. À 81 ans, il a conservé un caractère bien trempé, et évoque avec nostalgie la ville qu&#8217;il a le plus photographiée, Istanbul, dans les années 1950 et 1960. 



« Attention, il a du caractère ». On m’avait prévenue. Ara Güler répond aux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Incontournable en Turquie, Ara Güler a aussi sa place dans l’histoire mondiale de la photographie. À 81 ans, il a conservé un caractère bien trempé, et évoque avec nostalgie la ville qu&#8217;il a le plus photographiée, Istanbul, dans les années 1950 et 1960. <span id="more-812"></span></strong></p>
<div id="attachment_820" class="wp-caption aligncenter" style="width: 500px"></p>
<div class="mceTemp">
<dl id="attachment_1258" class="wp-caption alignleft" style="width: 500px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/ara-guler-copie.jpg"><img class="size-full wp-image-1258" title="ara guler copie" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/ara-guler-copie.jpg" alt="" width="490" height="325" /></a><p class="wp-caption-text">Ara Güler a travaillé pour l&#39;agence Magnum pendant plusieurs années.</p></div>
</dt>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;"><em>« Attention, il a du caractère ».</em> On m’avait prévenue. Ara Güler répond aux interviews au gré de ses humeurs. En dépit de cet avertissement, j’ai persisté pour le rencontrer. Il faut l’approcher avec douceur, presque l’apprivoiser. Jeudi 29 avril, en début d’après-midi, avec l’aide et les conseils d’Anne Potié, directrice de l’Institut français d’Istanbul, j’ai pu interviewer <em>« l’œil d’Istanbul ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour rencontrer Ara Güler, pas la peine de prendre rendez-vous par téléphone. Le photographe stambouliote passe une grande partie de ses journées au Ara Kafe, à l’angle d’Istiklal Caddesi, la plus grande rue commerçante d’Istanbul. Le café lui appartient, même si il ne s’en occupe plus. Et il lui est dédié : sur les murs, ses plus célèbres photographies sont accrochées.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avec un peu de retard, il arrive et s’installe à notre table. Lorsque Ara Güler pose son objectif sur des moments de vie, il le fait avec précision. Un regard incisif qu’on retrouve dans sa personnalité. <em>« Je ne suis pas photographe, je suis journaliste »</em>, martèle-t-il dès la première question.</p>
<div id="attachment_1661" class="wp-caption alignleft" style="width: 219px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/IMG_2557.jpg"><img class="size-medium wp-image-1661" title="IMG_2557" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/IMG_2557-300x200.jpg" alt="" width="209" height="140" /></a><p class="wp-caption-text">  </p></div>
<p style="text-align: justify;">Le ton est aussi direct lorsque j’aborde le sujet de l’évolution d’Istanbul depuis les années 1950. <em>« Aujourd’hui, les habitants sont tous des idiots. Istanbul est morte. La ville a perdu son esthétisme, les constructions sont dégueulasses</em>, lâche-t-il en français. <em>Et il n’y a pas de retour en arrière »,</em> conclut-il avec amertume.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour preuve, il prend un de ses livres sur une étagère du café, et me montre un village de pêcheurs qui n’existe plus aujourd’hui. Il feuillette lentement le livre. À chaque page tournée, il hausse les sourcils, plisse le front. D’autres photographies d’immeubles apparaissent. Ara Güler parle de cette architecture qui a disparue, remplacée par les habitations construites à la va-vite pour les immigrés arrivés dans les années 1960.</p>
<div id="attachment_1262" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/araguler3-copie.jpg"><img class="size-full wp-image-1262" title="araguler3 copie" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/05/araguler3-copie.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">     </p></div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le photographe d’Istanbul parle peu, mais choisit ses mots avec précaution. Son regard s’anime et ses yeux pétillent. Plongé dans le passé, il raconte ce qu’il a voulu montrer. <em>« Là c’est Istiklal en 1962 »,</em> pointe-t-il du doigt. J’ai en face de moi un vieux monsieur, dégarni, les cheveux blancs. Pourtant c’est le photographe vif et enthousiaste âgé d’une trentaine d’années que je vois. Un homme qui ne trouve pas sa place dans le XXIe siècle. <em>« Istanbul n’est plus ce qu’elle était. Je deviens fou dans ce qu’elle est devenue ».</em></p>
<p><em> </em></p>
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		<title>Leyla Umar, Stambouliote du dernier siècle</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Apr 2010 07:56:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaylord Van Wymeersch</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rencontres]]></category>
		<category><![CDATA[femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
A 82 ans, Leyla Umar est une mémoire du journalisme turc. Sa carrière l’a amenée à interviewer les grands hommes du XXe siècle. Avec une passion encore intacte, elle livre les anecdotes d’une vie de femme passée à expliquer le monde.
La main tendue est souple et élégante. A 82 ans, Leyla Umar a gardé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<div id="attachment_591" class="wp-caption aligncenter" style="width: 369px"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_70791.jpg"><img class="size-full wp-image-591 " title="Leyla Umar" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_70791-e1272559147562.jpg" alt="" width="359" height="540" /></a><p class="wp-caption-text">De Castro à Gorbatchev, cette journaliste turque a traversé l&#39;histoire du XXe siècle.</p></div>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><span id="more-585"></span>A 82 ans, Leyla Umar est une mémoire du journalisme turc. Sa carrière l’a amenée à interviewer les grands hommes du XXe siècle. Avec une passion encore intacte, elle livre les anecdotes d’une vie de femme passée à expliquer le monde.</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La main tendue est souple et élégante. A 82 ans, Leyla Umar a gardé le regard profond de cette jeune fille en robe de mariée, dont la photo en noir et blanc s’affiche aux murs de la chambre à coucher. La journaliste turque sait accueillir chaleureusement le visiteur dans son hôtel particulier de quatre étages du quartier chic d’Ortaköy, en bordure du Bosphore.</p>
<p style="text-align: justify;">Serrer la main de cette dame, c’est traverser l’histoire du XXe siècle en seulement quelques secondes. Khomeiny, Castro, Arafat, Amin Dada, Mandela ou encore Gorbatchev et Kadhafi… Tous ces grands hommes politiques ont un jour croisé le chemin de cette Stambouliote, fille des premières heures de la république d’Atatürk, devenue journaliste sur le tas. « <em>A 24 ans, alors que j’avais un enfant et que je venais de divorcer, j’ai poussé les portes du journal </em>Milliyet<em>. Comme femme seule, il me fallait trouver un travail pour vivre. Je ne savais alors faire qu’une chose : écrire </em>», affirme-t-elle en réajustant sur ses jambes sa tunique turquoise. Presque soixante années ont passé depuis, et Leyla continue inlassablement son travail de journaliste pour des parutions turques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’interview exclusive de Khomeiny</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Assise à la romaine sur le confortable canapé bleu de son salon, Leyla Umar raconte avec une passion dithyrambique son histoire, mais surtout l’Histoire. Les longues heures d’attente dans le froid pour pouvoir rencontrer Khomeiny à Paris. Et finalement elle seule, choisie pour effectuer l’interview, au nez et à la barbe de tous les grands médias internationaux. L’interview effectuée de part et d’autre d’un rideau dans la tente de l’Ayatollah iranien. Elle raconte aussi l’interview d’Idi Amin Dada vendue au magazine <em>Time</em>, qui lui permit d’acheter une chambre de bonne avenue Foch pour les études de son fils à Paris et l’hôtel particulier à Ortaköy dans lequel elle vit aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« En tant que femme, il a fallu que je me batte »</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les anecdotes s’enchaînent, les noms, dont elle ne souvient pas toujours, dit-elle, s’accumulent, le flot de parole est ininterrompu. Seuls de grands éclats de rire viennent rompre le rythme de cet anglais chantant au fort accent oriental. C’est le cas lorsqu’elle évoque sa naïveté de débutante. « <em>A mes débuts, je n’avais pas perçu la difficulté d’exercer en tant que femme dans une rédaction turque des années cinquante. Un jour, un de mes collègues à </em>Milliyet <em>avait lancé une pétition pour que je me fasse licencier. Elle avait été signée par 45 de mes collègues de la rédaction. Ce jour là, j’ai compris qu’en tant que femme il me faudrait me battre pour réussir</em> », se souvient-elle en riant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« La rencontre avec Fidel Castro, mon meilleur souvenir »</em></strong></p>
<div align="center"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="270" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/video/xd4jq1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/swf/video/xd4jq1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></div>
<p><strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xd4jq1_rencontre-avec-leyla-umar_news"><br />
</a></strong><em><a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/news"></a></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em> </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Lorsqu’elle évoque sa seconde rencontre à Cuba à l’invitation personnelle du leader cubain, elle se remémore avec émotion la soirée passée à préparer des spécialités turques avec Fidel dans la cuisine de l’une de ses résidences personnelles. « <em>Nous avions tellement ri ce soir là. C’était un homme très charmant, nous nous entendions vraiment bien</em> », affirme-t-elle, clichés de la soirée en main comme pour mieux en attester la véracité ou peut-être pour mieux faire renaître des souvenirs qui ont tendance à s’estomper avec le temps.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7095.jpg"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-600" title="Leyla Umar" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7095-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7086-e1272563112799.jpg"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-598" title="Leyla Umar et Castro" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7086-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7080.jpg"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-599" title="Leyla Umar" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7080-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><a href="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7107.jpg"><img class="alignnone size-thumbnail wp-image-601" title="Leyla Umar et Fidel" src="http://www.esjistanbul.com/wp-content/uploads/2010/04/DSC_7107-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est d’ailleurs pour cette raison que Leyla Umar raconte à qui veut bien l’écouter les souvenirs d’une vie riche et passionnante. « <em>Je suis un peu comme Istanbul</em> », conclut-elle, « <em>une collection de fragments du monde</em> ».</p>
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